Un poème, un pays

LUXEMBOURG James LEADER

Phoebe and the troopship

Spread across cushions on her yacht,
Phoebe, engrossed, does not
Observe the vulture on the wire, the boys that trot
Behind a limping, bony cow,
The fisherman drifting in his dhow,
Or the rocky field with an abandoned Soviet plough.
Attention puckers up her nose
As she paints the last two toes
Revlon cherry red, leans to them and softly blows,
And then reclines, her business done,
Under the Egyptian sun;
Across her bikini suit blood-red cherries run.
Half-asleep, in her imaginings,
She summons movie stars and kings,
Furs, photographers, limousines and emerald rings —
Meanwhile, on a northern tide,
Comes the troopship Empire Pride,
With a thousand Tommies on the starboard side.
A shadow falls on Phoebe’s bed,
And a throbbing starts to spread
Through the cushions, up her legs, into her head;
The great propeller slows
As they pass the English rose
Pink and white, with cherries on her breasts and toes.
They cheer, they whistle and salute,
As she stands in her bikini suit,
And bows — a thousand minds that night see falling fruit.
Now, tiny in her wingback chair,
She searches helpless in the air,
‘Dear One … remember, all those boys, and me … now where…?’
‘Suez,’ I prompt her, ‘on a yacht.’
‘Yes, yes,’ she grins, ‘the boys, that yacht.’
The rest — two husbands, career, a life — quite forgot.

Un poème, un pays

LUXEMBOURG Francis Kirps

Der Diktator ist tot

An diesem Tag trugen die Palmen dunkelgrün,
und die Sonne war von Flecken schwarz.
Die Dichter traten blinzelnd
aus ihren Gefängnissen.
Die Rebellen stiegen von den Ber­gen hinab
um ihr Abitur nachzuholen und Verantwortung
Zu übernehmen. Der Ex-Präsident,
ein achtzigjähriger Greis, schickte eine Videobotschaft
aus dem Exil in Florida.
Der Spion flog in die Kälte zurück.
Straßen wurden neu benannt.
Gräber wurden geöffnet.
Statuen verloren den Kopf.
Zeitungen schrieben für kurze Zeit die Wahrheit.
Maria stand in der Tür der Cantina
und lachte über die Betrunkenen.
Denn an jenem Tag floss der Rum wie Tränen
durch die Adern der Hauptstadt
und der Barmmixer im Café Ingles
erfand einen neuen Cocktail.
Jeder hatte plötzlich ein Gewehr.
Feuerwerk wie ein Vulkanaus­bruch.
Die Kinder riefen seinen Namen
während Lacher groß wie Kokos­nüsse
über die Insel kullerten.
Ein neuer Tanz entstand
und wurde nach ihm benannt.
Durch die benachbarten Bananen­republiken
ging ein Ruck. An jenem Tag
brannte die Sonne über dem Meer
ein Loch in den Himmel. Schwert­fische und
Barracudas standen stramm. So zumindest
erzählen es die Fischer.

Un poème, un pays

LIECHTENSTEIN – Vlado Franjević

Svakakvo Vrijeme

došlo je vrijeme u kojem se ne bavimo
primarnim vrijednostima
nego pitanjima
dokle smijemo popuštati
a da nas se zbog toga ne razumije
slabićima i naivcima
došlo je vrijeme strahova
slabosti
i mutacija svakakvog smeća
kao mogući izlaz
kucanje srca
samo tužni molovi
od suza ditiramb
ko da pljušti po staklu vanjskog prozora
ko da nikoga nema
kad ga
kao otvorim

Allerartzeiten

es ist die zeit gekommen
in dieser wir uns nicht mit
primären dingen beschäftigen
sondern mit fragen
bis wann wir nachgeben dürfen
und dabei
nicht als weicheier und naive schwachköpfe
gekennzeichnet werden
es ist die zeit der ängste und schwäche
gekommen
und die mutation allerlei abfälle
als vielleicht der einzig mögliche ausweg
herzklöpfen
nur noch traurige mole
als ob die trennendithyrambe
aussenfensterglasabwärts trommeln
als ob es niemanden gibt
wenn ich das fenster
als ob
öffne

Un poème, un pays

FRANCEHélène Fresnel

Une terre où trembler

Mais je suis allée jusqu’au matin
Il esseule il extasie
Jusqu’à la nuit pierre
Elle est encore elle dure
Jusqu’à la matière
Du lit noir au lit bleu j’ai lu jusqu’au chemin
De tes mots ou de tes lèvres
Je ne sais plus, déjà
J’ai lu dans ton existence
Mes failles, mes légitimes
Des cryptes de contacts au lieu des aplats blancs
Ce soir je regarde la pluie
Les yeux dans l’évident
Il y a des signes purs exempts de dénouement

*

Tu n’es pas revenu et ce soir
Le lieu du rendez-vous brûle sous le vent noir
Royaume – Cible du ciel où s’en­gage une flamme
Royaume – Enoncé de la nuit vé­cue et illusoire
Je te parle d’à travers la fore
Je te parle d’à travers la fore
L’ombre de ton visage maintient le territoire
Je me tourne vers lui Royaume et lui redis :
– Je t’engage
Etends les terres mongoles et retiens notre histoire
Avant une nouvelle heure
Avant un nouveau leurre
Il faut jouer la victoire
Mon amour je te parle à travers l’amphore
Et le sable du temps qui mange ton image

*

La digue à Colombo ne cédait rien
Ni habillée par les passants, ni trouée par les yeux des animaux perdus
Quelles nouvelles? Du premier pas, quelles nouvelles?
Dans tes pays hors des escales même phénomène
Des buildings naissaient de fe­nêtres en mâchoires ou carrés de tes ombres
Rien pour débander l’île
Dont la coque est un livre
Je pars sous l’alphabet la mousson la moiteur
Défie le jeu du drone ou l’avenir se rétracte
Et j’attends le déclic
Ombrelles tropicales
Etes-vous comme lui
L’autre du monde
Une tige infinie
Dont le cap a l’attrait des centres disparus

*

Avant et après moi dans l’illisible noir
Je surprends ce qui dure
Je parle d’une pierre
C’est un contrepoint blanc
Ni dehors ni dedans
Sa couleur jure
Son oeil me ment
Disculpé par le ciel
Une pierre
Déclenche en me fixant
Un flash d’espoir

*

Sous le grand tapis blanc des élé­ments perdus
Non ce n’était pas juste les di­manches – tous les jours inconnus –
Sous le tremblement du feu déchu
Que retrouver
La terre nage
Les eaux ont fait naufrage
Quelqu’un s’en est-il souvenu?
On a beau agrafer des paysages
Tenter la traversée des pages
De branche en branche comme un voilier
Les questions continuent
Comment ont-ils pu avaler
En silence
Nos corps
Nos crues ?
Aux dires de la pluie sauvage
Ils ont commencé par nos noms
Pas de ressort, sous ce tapis
Pas de salut.

Un poème, un pays

CATALOGNE – Helga Simon Molas

Dermatologia

Quanta pell
que ens envolta
com una sutura
delimitant
el nostre espai
de dins:
una bassa
on s’esquitxa
de vermell la calma
i glops de sang
brollant amb pressa
del cor.
Si és la pell
qui ens limita.

Dermatologie  

Combien de peau  
qui nous entoure  
comme une suture  
délimitant  
notre espace  
dedans:  
un étang  
où s’asperge  
de rouge le calme  
et flots de sang  
en sourdrant vite  
du coeur.  
Si c’est la peau  
qui nous limite.

Poema del llibre A la vora (Galerada, 2017)

(Traduction: Teresa Pitarch Porcar)

Un poème, un pays

AUTRICHE – Margret Kreidl

Poem with footnote

Hard
dry
woody
shredded
grater fruit
small enough
hard enough
poem.
For the poem is always, Jorge Viegas writes,
the hard core of a revolution.

Poème avec note en bas de page

Dur
sec
coriace
râpé
fruit râpé
assez petit
assez dur
Poème.
Car le poème est toujours, comme l’écrit Jorge Viegas,
Le noyau dur d’une révolution.


(Traduction: Henri Christophe)

Réservez vos places!

Le festival « Printemps des poètes 2020 » approche à grands pas. Ci-dessous l’ensemble du programme à feuilleter en ligne. L’entrée est gratuite, mais les places étant limitées, une réservation s’impose.

Programme à feuilleter en ligne

*** À VOS RÉSERVATIONS – PLACES LIMITÉES – ENTRÉE GRATUITE ***

– Pour la soirée du 25 septembre au Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain, merci de réserver sous:
info@printemps-poetes.lu

– Pour la Grande Nuit de la poésie le 26 septembre à neimenster, merci de réserver sous:
contact@neimenster.lu

– La matinée poétique le dimanche 27 septembre à la galerie Simoncini se déroulera exclusivement en ligne (live stream).

Liste des poètes participants


Les lauréats du concours «Jeune Printemps» sont…

Placée sous le thème du «Courage», l’édition 2020 du concours «Jeune Printemps» a connu un vif succès puisque 256 poèmes ont été soumis cette année à la délibération du jury, composé de Claire van der Ent Braat, Florent Toniello, François Carbon, Franck Colotte, Shehzar Doja et Delia Pifarotti (présidente). Un bel engouement qui témoigne de l’intérêt que les lycéens, les universitaires et les adultes (poètes non publiés) portent à la poésie.

La date limite de candidature ayant été fixée au 8 mars 2020, soit juste avant la déclaration de l’état de crise visant à enrayer la pandémie du COVID-19, le jury a délibéré par voie électronique. La cérémonie de remise de prix, initialement prévue le 31 mars, a dû être annulée – tout comme notre festival annuel «Printemps des poètes» programmé les 24, 25 et 26 avril. Avec les récentes phases de déconfinement et la levée de l’état de crise, les organisateurs ont décidé d’arrêter une date pour honorer les participants au concours «Jeune Printemps».

Le 2 juillet donc, une cérémonie a eu lieu dans l’Agora de neimënster en présence de la ministre de la Culture, Sam Tanson, et dans le respect des mesures sanitaires qui s’imposent: à cette occasion, les lauréats du «Jeune Printemps des poètes» (10 par catégorie d’âge) ont été invités à présenter leurs poèmes devant l’assistance rassemblée (famille, amis, professeurs, directeurs d’établissements scolaires).

À cette occasion, le comité organisateur a annoncé la nouvelle date du festival Printemps des poètes, désormais fixé aux 25, 26 et 27 septembre.

*** VOICI LA LISTE DES LAURÉATS édition 2020 ***

1ère Catégorie (11-14 ans):
-> en tout, 141 poèmes ont été envoyés pour cette 1re catégorie.

  • 1 Karacs Diána pour « Anderssein (LAM);
  • 2 Lemmer Leticia pour « Am Rande des Abgrundes » (Athénée);
  • 3 Staneva Elissaveta pour « The courage to heal » (LMLucius)
  • 3 (ex aequo) Gherardi Leo pour « Das Auge sieht immer das Gleiche » (Lënster Lycée Junglinster);
  • 5 Mauro Lucille pour « J’admire Nelson Mandela » (E. Int. Mondorf)
  • 5 Urbain Emma pour « Va-t’en, Satan t’attend dans les temps » (E. E. Lux 1)
  • 5 Kajevic Elma pour « Unerschütterlichkeit Mut und Fehler » (Lycée Nic.Biever)5 Venance Malou pour « Courage petite fille » (E. E. Lux 1)
  • 5 Spoden Noah pour « Mut » (Athénée)5 Mondloch Léo pour « Sous le signe du cancer » (E. Int. Mondorf)
  • Mention spéciale: Hermida Eugenia pour « Coraje una palabra que no se puede describir » (ISL)

2e Catégorie (15-19 ans):
-> en tout, 76 poèmes ont été envoyés pour cette 2e catégorie.

  • 1 Michaux Luana pour « Mut müsste man haben » (LNB, Dudelange)
  • 2 Slikker Daria pour « Still I Live » (ISL)
  • 3 Marani Angela pour « Wie oft verpassen wir es mutig zu sein? » (LHCE)
  • 4 Phong Lukas pour « Le manège de Prométhée » (Lycée Vauban)
  • 4 Voillemot Thaïs pour « Le Courage: retenir ses larmes » (Lycée Vauban)
  • 4 Várhegyi Miklós pour « Tapferkeit » (E. E. Luxembourg)
  • 4 Barthel Angèle pour « A fighting soul » (LJB, Mamer)
  • 4 Gomes Varela pour « Jimmy Valentin » (LJB, Mamer)
  • 4 Da Costa Machado Ruben pour « Courage Cicéron! » (LHCE)
  • 4 Grant Eva pour « Lost Artwork » (E. E. Mamer)
  • Mention spéciale: Franceschini Gabriel pour « Il y a courage et courage » (Lycée E. Steichen, Clervaux)

3e Catégorie (Université de Luxembourg):
-> en tout, 12 poèmes ont été envoyés pour cette 3e catégorie.

  • 1 Anen Aurélie pour « Oser l’inconnu »
  • 2 Ribeiro de Oliveira Melanie pour « Me voici »
  • 3 Darinov „Flamme“ Ognyan pour « Erratum »
  • 4 Voicu Stefana pour « Courage »
  • 4 Martins Mara pour « Courage »
  • 4 Darabos Agnes pour « So that I Learn to Look into the Mirror Again »

4e Catégorie (adultes non publiés)
-> en tout, 27 poèmes ont été envoyés pour cette 4e catégorie.

  • 1 Lyons Mandy pour « Little steps »
  • 2 Tzekov Ana Maria pour « Takt x »
  • 3 Langumier Karin pour « Maïa »
  • 3 (ex aequo) Gratia-Schaul Isabelle pour « Courage »
  • 5 Ventura Gabriela pour « Animo »
  • 5 Crasset-Mauviel Pierre-Fernand pour « Du courage »
  • 5 Holtz Simone pour « Le courage »
  • 5 Sanchez De La Hoz-Willems Vanessa pour « Jeune et jolie »
  • 5 Biren Carole pour « Jenga »
  • 5 Messias Gabriel pour « Amour pur »
  • Mention spéciale: Wolff Guy pour « Blümlein »