Un jour, un poème (6)

Jean D’Amérique (Haïti – France)

(c) Edouard Caupeil

Né en 1994, Jean D’Amérique est poète, dramaturge, rappeur et romancier. Son œuvre, publiée chez Cheyne, Théâtrales et Actes Sud, a été saluée entre autres par le Prix Montluc Résistance et Liberté, le Prix Apollinaire Découverte et le prix Heredia de l’Académie Française. Il a publié récemment son neuvième livre, Quelque pays parmi mes plaintes (Cheyne, 2023), et son premier album, Mélancolie Gang, odyssée poétique d’un être aux prises avec le silence et les ombres.

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Retour à la blessure

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Retour à la blessure

Un jour, il ne pleurait pas. Je viens de faire une faute de frappe, je voulais dire : un jour, il ne pleuvait pas. Le ciel était bleu, mais ce n’est pas ça qui m’intéressait. D’autres fleurs s’agitaient dans ma tête : je cherchais mes racines. Je cherchais mes racines, et je suis allée sous les bois. Non. J’ai confié mon corps au vent et il l’a amené sous les bois perdus de la mémoire. J’aurais pu tout simplement me pencher sur mon ventre et, par la grâce de mes ongles, creuser au-delà de la peau, sortir une à une mes entrailles pour leur demander des comptes. Mais trop timide mon âme, pour ce genre de tâche. Le vent a emporté mon corps : me voici pour un bain nu dans la forêt. Les arbres sont des couteaux. Entre mon écorce et la sève du passé, ils tranchent. Et me rapprochent de la nuit, où flotte un drapeau rouge : le sang. Le vent me lèche la chair. Surgit un rêve, ruisselant de lait noir. J’ignore ces ténèbres qui dévorent le poème.

Un jour, un poème (5)

Franco Costantini (Italie)

Franco Costantini est né à Gênes en 1990. Professeur agrégé d’italien, docteur en littérature médiévale de Sorbonne-université, il vit à Paris où il enseigne la langue et la littérature italiennes. Il a publié deux recueils : Scorporare (Transeuropa, 2021) et L’isola scura (Vydia, 2023). Une plaquette bilingue est parue aux éditions des Cahiers de l’Approche (2023) et d’autres poèmes, en version bilingue, apparaissent dans l’anthologie Altrove (Ensemble, 2024). Ses poèmes sont parus dans des revues italiennes et françaises (Nunc, Place de la Sorbonne, Forma Vera, La Bibliothèque italienne et d’autres).

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Idea, L’isola scura

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Un jour, un poème (4)

Luís Filipe Castro Mendes (Portugal)

Poète et romancier, né en 1950, diplômé en droit de l’université de Lisbonne, Luís Filipe Castro Mendes est diplomate de carrière. Très jeune, il collabore au journal Diário de Lisboa-Juvenil et a, dès 1974, une activité politique militante. 1977 marque le commencement de sa carrière diplomatique. Il a été consul général à Rio de Janeiro, ambassadeur à Budapest, New Delhi, auprès de l’UNESCO-Paris et auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg. Il a été ministre de la Culture du Portugal entre 2016 et 2018.

Luís Filipe Castro Mendes a publié son premier livre Recados en 1983. Suivront une vingtaine de recueils dont en 2011 Lendas da Índia, en 2014 A Misericórdia dos Mercados et en 2016 Outro Ulisses regressa a casa. En 2018 paraît l’anthologie Poemas Reunidos et, en 2021, un nouveau recueil Voltar. Il a par ailleurs vu ses poèmes traduits en allemand (Fremde Nahe, 2018) et en français (Légendes de l’Inde, 2020).

En 2021, Luís Filipe Castro Mendes s’est vu décerner le Prix National de Poésie Teixeira de Pascoaes pour l’ensemble de son œuvre après avoir obtenu les prix du Pen Club pour A Ilha dos Mortos, D. Diniz de la Fondation Casa de Mateus pour O Jogo de Fazer Versos et António Quadros de la Fondation António Quadros pour Lendas da Índia.

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CANÇÃO DO EXÍLIO

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Un jour, un poème (3)

Raquel Casas Agustí (Catalogne/Espagne)

(c) Òmnium Cultural

Née à Vilanova i la Geltrú en 1974, Raquel Casas Agustí a une licence en Philologie hispanique et un doctorat en Littérature espagnole du 20ème siècle. Elle travaille comme professeur de langue et littérature à l’école secondaire INS Dolors Mallafrè i Ros de sa ville natale.

Elle a publié une dizaine de recueils de poésie, Astrolabi, Les randes del Paradís, La dona bilingüe (traduit en espagnol), Vessar el càntir, Estimar Nick Kamen et Contracció, un recueil de nouvelles Balcons que escupen mitges, un court roman Glitch et un roman pour les jeunes Ferida. En 2023, elle a remporté le Prix de la ville de Mollerussa pour Glitch, le prix València de la fondation Alfons el Magnànim pour Contracció et le prix Joaquim Ruyra, le plus prestigieux de la Catalogne dans cette catégorie, pour Ferida.

Raquel Casas Agustí codirige par ailleurs le projet de vidéo-podcast et vidéo-poésie intitulé geMMinades avec la poète Lídia Gàzquez et encadre le club de lecture « Dijous entre lletres » (Jeudis entre lettres) de la bibliothèque Manuel de Pedrolo de la ville de Sant Pere de Ribes.

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De Contracció

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Un jour, un poème (2)

Petr Borkovec (Tchéquie)

(c) Jana Plavec

Poète, écrivain, traducteur, auteur de livres pour enfants, Petr Borkovec (né en 1970) a été, de 2005 à 2023, programmateur et animateur du café littéraire Fra à Prague. Il écrit pour la station de radio Vltava, les magazines A2, Qartál et I-littérature. Il enseigne à la Chaire de création littéraire de l’Université des arts de Prague.

Petr Borkovec a traduit les poètes russes Vladislav Khodassevitch, Vladimir Nabokov, Evgueni Reïn, Joseph Brodsky, Iouri Ondarchenko, etc. En collaboration avec le linguiste Matyáš Havrda, il a traduit Œdipe Roi de Sophocle (1998), Orestie d’Eschyle (2001), Les Bacchantes d’Euripide (2023) ; il prépare actuellement avec lui une traduction de la Médée d’Euripide.

Derniers livres parus :

Lido di Dante (2017), Herbář k čemusi horšímu (« Herbier pour quelque chose de pire » 2018), Každá věc má něco společného se štěstím (« Toute chose a à voir avec le bonheur » 2018), Petříček Sellier & Petříček Bellot (« Pierrot Sellier et Pierrot Bellier » 2019), Sebrat klacek (« Ramasser un bâton » 2020 ; édition complétée en 2022), Modrá agáve (« L’Agave bleue » 2021). En 2022, Pozorovatelská cvičení (« Exercices d’observation ») est paru chez Officina Praga.

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Un jour, un poème (1)

Prisca Agustoni (Suisse)

(c) Julien Chavaillaz

Née à Lugano en 1975, Prisca Agustoni est poète et traductrice. Elle écrit en italien, français et portugais. Après des études de littérature et philosophie hispaniques et une maîtrise en études de genre à l’Université de Genève, elle obtient un doctorat en littérature comparée à l’Université catholique de Belo Horizonte. Elle se partage depuis entre la Suisse et le Brésil où elle enseigne la langue et la littérature italiennes et la littérature comparée à l’université de Juiz de Fora.

Auteure d’une dizaine d’ouvrages, elle a obtenu plusieurs prix, notamment le Prix Suisse de Littérature (2023) pour Vers la rouille, recueil considéré comme l’un des meilleurs exemples d’éco-poésie et le Prix Oceanos (2023). Traductrice, elle traduit poètes brésiliens contemporains et poètes suisses de langue italienne. Prisca Agustoni est également la fondatrice de la maison d’édition brésilienne « Sans Chapeau ».

Derniers ouvrages parus : Un ciel provisoire, Genève, Samizdat, 2015 ; O mundo mutilado, São Paulo, Quelônio, 2020 (Prix Jabuti) ; L’ora zero, Falloppio, Lietocolle Gialla, 2020 ; Verso la ruggine, Novara, Interlinea, 2022 (Premio Svizzero di Letteratura 2023; Finalista Premio Fortini di Poesia, 2023) ; O gosto amargo dos metais, Rio de Janeiro, 7 Letras, 2022 (Prêmio Cidade BH; Prêmio Oceanos 2023) ; Pólvora, Juiz de Fora, Macondo, 2022.

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J’ai des rêves

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Un jour, un poème (12)

Elise Schmit (Luxembourg)

(c) Boris Lodner

Elise Schmit schreibt Erzähltexte, Theatertexte und Gedichte auf Deutsch, Luxemburgisch und Englisch. Seit 2016 ist sie Mitherausgeberin (mit Ian De Toffoli und Marc Limpach) von Les Cahiers luxembourgeois, der ältesten Literaturzeitschrift Luxemburgs, und Mitglied der Jury der Schweizer Literaturpreise (seit 2020).


2019 war Elise Schmit Stipendiatin am Literarisches Colloquium in Berlin und erhielt den Prix Servais für ihren Erzählband Stürze aus unterschiedlichen Fallhöhen (2018, Hydre Éditions).

Im Februar 2021 wurde ihr Theaterstück So dunkel hier, eine historische Spekulation über den Tod des ehemaligen Gauleiters Gustav Simon, unter der Regie von Anne Simon im Hof des Kulturzentrums neimënsteruraufgeführt. In der Saison 2021/22 war sie Teilnehmerin beim Autor*innen-Workshop (unter der Leitung von Chris Thorpe) der Rheinland-Pfälzischen Theatertage in Mainz. In dieser Saison war sie außerdem Hausautorin am Théâtre National du Luxembourg.


Letzte Veröffentlichungen: Blue like a tangerine. (Short Story mit Illustrationen von Antic-Ham, Redfoxpress, Irland 2021); Sehnsucht (Künstlerbuch zusammen mit Robert Brandy, Redfoxpress, Irland 2021); En Haus wéi en Haus (Theatertext, in: D’Kaz am Sak, Hydre Éditions 2021).

Elise Schmit lebt seit 2012 in Luxemburg-Stadt.

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fürs werfen


aufzuheben den stein

heißt: vorgewusstes, ein flattern

zielrichtungsgezwitscher

(ob u wohin u wie weit)


gewicht also u überschlag

das flattern auch wieder

von der andern seite des wurfs

(gibt sonst nicht den griff)


wirfst deine steine nur so:

dass was in stücke

smash, bam u scherben

dass dann was sei: x ab dem stein


weil so der sinn

von wurfweiten jenseits von

armlängen

wirfst keine steine

dass jemand sie fängt

Un jour, un poème (11)

Cosmin Perţa (Roumanie)

(c) Dirk Skiba

Cosmin Perța, né en 1982 à Vișeu de Sus (Transylvanie), est poète, prosateur et essayiste. Il est diplômé de la Faculté des Lettres de l’Université de Cluj Napoca et de l’Université de Bucarest (doctorat avec une thèse sur la littérature fantastique d’Europe de l’Est).

Depuis ses débuts, en 2002, Cosmin Perța a publié romans, essais, nouvelles et cinq recueils de poèmes (Santinela de lut / La sentinelle d’argile (Ed. Vinea, 2005), Cântec pentru Maria / Chanson pour Marie (Ed. Vinea, 2007) ; Bătrânul, o divină comedie / Le vieil homme, une comédie divine (Ed. Charmides, 2009) ; Fără titlu / Sans titre (Ed. Paralela 45, 2011) ; Cântec de leagăn / Une berceuse pour ma génération (Ed. Paralela 45, 2018).

En 2012, il remportait le prix du jeune écrivain de l’année.

Les poèmes de Cosmin Perța ont été traduits en 16 langues et son dernier volume de prose, livre dédié aux enfants – Anisia et les outils enchantés – est actuellement en traduction dans quatre pays.

Cosmin Perța a travaillé pendant huit ans pour la presse culturelle à Cluj et à Bucarest et a dirigé des collections de littérature contemporaine très appréciées chez Tracus Arte et Paralela 45.

Il est actuellement chargé de cours à l’Université Hyperion de Bucarest.

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Seară cu final anunţat

Îmi ţin echilibrul pe sârmă,

îmi înclin braţele, capul.

Puterile animalului sunt peste puterea mea de-nţelegere.

Afară e noapte, o noapte umedă, proaspătă,

cu miros de cânepă şi bumbac.

Îmi ţin respiraţia şi înaintez,

puterile animalului sunt peste puterea mea de-nţelegere.

Urmele mariei în noapte, lângă lacul cu miros de cânepă şi bumbac,

urmele, ei, îmi spun, au consistenţa pânzei de păianjen lucioasă.

(Un dragon mic de fum, o femeie cu haine de ceaţă

zboară deasupra capului meu)

Ceva se va naşte în seara aceasta. Îmi ţin echilibrul pe sârmă, plutesc,

mă iau după urmele ei, căci iată,

puterile animalului

sunt mult peste puterea mea de-nţelegere.

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Soir au dénouement annoncé

Je me tiens en équilibre sur le fil de fer,

je penche les bras, la tête.

La force de l’animal dépasse mon entendement.

Il fait nuit dehors, une nuit fraîche et humide

qui sent le chanvre et le coton.

Je retiens ma respiration et j’avance,

la force de l’animal dépasse mon entendement.

Les traces de Maria dans la nuit, auprès du lac qui sent

      le chanvre et le coton,

ses traces, me dis-je, ont la consistance de la toile

      brillante d’une araignée.

(Un petit dragon de fumée, une femme portant des

      habits de brouillard

volent au-dessus de ma tête.)

Quelque chose viendra au monde cette nuit. Je me

      tiens en équilibre sur le fil de fer, je flotte,

je suis ses traces, car

la force de l’animal

dépasse de loin mon entendement.

(Traduction : Linda Maria Baros)

Un jour, un poème (10)

Mathias Ospelt (Liechtenstein)

(c) Daniel Schwendener

Mathias Ospelt (* 1963), lic. phil. I, aus Vaduz ist Autor, Kabarettist und Veranstalter. Neben zahlreichen Kabarettprogrammen, Theaterstücken, Festspielen und Musical-Libretti brachte er mehrere Publikationen/Bücher heraus (Lyrik/Prosa), schrieb Kolumnen und Glossen sowie volkskundliche Beiträge, vertrat seine Heimat Liechtenstein an verschiedenen Lyrikveranstaltungen im Ausland und war u. a. auch Songtexter für Liechtensteiner Bands (ZotOff, Jazzzirkus).

Für seine literarische Arbeit erhielt Mathias Ospelt mehrere Auszeichnungen. Mit seinem Bruder Ingo Ospelt und dem Musiker Marco Schädler begründete er die Kabarettformationen «Das LiGa» und «Ospelt, Ospelt und Schädler». Er ist Mitbegründer des Vaduzer Kleintheaters «Schlösslekeller», Mitorganisator der «Liechtensteiner Literaturtage» und Präsident des P.E.N.-Clubs Liechtenstein. Seit 1997 führt er seine «Schreiberei Mathias Ospelt» in Vaduz, wo er auch lebt.

Literatur (Auswahl):

Tim und Struppi. Am Ottokar sis Zäptr. Triesen 2019.

Wege. Gänge. Erzählungen. Triesen 2018.

Das LiGa. Das Liechtensteiner Gabarett. 1994-2006. Hohenems 2007.

– 2023 erscheint Vaduzer Originale (Schaan 2023).

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Corona-Gedicht

Wie brummen die Bienen so munter?          

Was zwitschern die Vögel im Chor?             

Wie blüh’n alle Blumen viel bunter                

als all unsre Jahre zuvor?                     

Warum zeigt sich Fauna und Flora

trotz all unsrer Leiden im Saft?

Wer hat diese Büchs’ der Pandora

so frech über Nacht aufgemacht?

Vielleicht ist’s ja weil sie sich freuen

auf eine verheissene  Zeit:

Die Welt würd’ sich rundum erneuen,

sobald sie vom Mensch ist befreit.

An die, die die Welt nicht verletzen,

an sie geht sie wieder zurück.

Drum summt es auf Wiesen und Plätzen

und brummt es in Wäldern vor Glück.

Doch jammern nun Männer und Frauen:

« Ok, wir war’n alle beknackt!

Doch schenkt uns noch ein Mal Vertrauen! » – Ein Mal nur!

Nein Danke! Ihr habt es verkackt!

Drum brummen die Bienen so munter!

Drum zwitschern die Vögel im Chor

Drum blüh’n alle Blumen viel bunter

Es steh’n bess’re Zeiten bevor!

(geschrieben am 19. März 2020, Vatertag)

Un jour, un poème (9)

Fiston Mwanza Mujila

(RD Congo – Autriche)

(c) Leonard Stenberg

Fiston Mwanza Mujila est né à Lubumbashi (République démocratique du Congo) où il a étudié la littérature et les sciences humaines. En 2007, il quitte le Congo et vit quelque temps en Belgique, en Allemagne, en France, mais, après avoir été invité pour une résidence d’écriture en 2009/2010 en Autriche, à Graz il s’y installe. Il enseigne la littérature africaine et prépare un doctorat en philologie romane.

Fiston Mwanza Mujila écrit poèmes et nouvelles ainsi que pièces de théâtre. Ses textes sont mis en scène en France, au Congo, en Allemagne et en Autriche. L’une de ses pièces Au temps de la reine mère (2018) a été présentée à l’Akademietheater de Vienne et au Deutsches Theater de Berlin.

Dans ses textes, Fiston Mwanza Mujila reflète le chaos, les guerres civiles, les décennies de dictature de Mobutu qui ont marqué son pays après l’indépendance de l’ancienne colonie belge en 1960. Il aborde régulièrement les thèmes de la solitude et de l’exil. Parlant de son écriture, Fiston Mwanza Mujila précise qu’il « ne se revendique d’aucune appartenance », mais s’inspire de tous les genres et en particulier de la poésie. Fiston Mwanza Mujila a obtenu de très nombreux et prestigieux prix tant en Autriche qu’en France, en Grande-Bretagne ou aux Etats Unis. www.fistonmwanzamujila.com

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als ich ein Kind war

hielt ich den Regen an

mit einer Wildpflanze

die ich von unten nach oben flocht

und einen Singsang anstimmte

in dem es um einen großen Fluss ging

und um Zwillinge

(geboren mit sechs Monaten Abstand)

aber die Sonne zu nötigen

das passierte mir nie

außer besoffen zu sein musste man

minutenlang nackt herumrennen

um sie jäh zu stoppen

in ihrer unverfrorenen Eisengewinnung

(Aus dem französischen: Elisabeth Müller, Kasala für meinen Kaku & andere Gedichte, Ritter Verlag, 2022)